Jazz à Liege 2011. Une édition placée sous le sceau d’un partenariat avec les Ardentes. Un partenariat doublement salubre. Salubre parce qu’il s’inscrit dans cette tendance à la synergie qui, depuis quelques années, instaure enfin un vrai dialogue entre les opérateurs culturels liégeois. Salubre parce qu’il devrait porter un coup décisif aux guerres fratricides qui ont trop longtemps opposé ces cousins proches que sont le jazz, le rock, le hip hop etc.
Jazz à Liège 2011. Une édition marquée également par un renouveau en termes d’accueil, d’Horeca etc - longtemps le point noir du festival. Une édition basée comme toujours sur le principe du Jazz pour Tous cher à Jean-Marie Peterken même si la balance, cette fois, a tendance à pencher du côté d’une certaine forme de modernité.
Jazz à Liège 2011. Quatre mega-têtes d’affiche : Erik Truffaz le prince du groove, David Murray l’emblème de la Great Black Music, le fougueux Stefano Di Battista dans un hommage à la Femme, et Tony Allen le pâpe de l’afro-beat. Une grande création third stream de Patrick Baton (près de 80 musiciens sur scène !). La confirmation du talent des saxophonistes d’ouverture Jacques Schwarz-Bart et Oran Etkin. Deux Power Trios de haut vol, dans la lignée d’EST ou de Bad Plus : celui de l’Irlandais Neil Cowley et celui du Cubain Harold Lopez-Nussa (qui invitera monsieur David Sanchez à le rejoindre sur scène). Des aventures libertaires sans filet avec le quartet français le plus décapant de l’heure, Retroviseur, avec le 21 trio de free-jazz de chambre de Manu Hermia, mais aussi dans un autre registre, avec The Sisters (le tandem Hatzigeorgiou-Galand). Du jazz enraciné et jubilatoire avec le quintet franco-americano-belge de Greg Houben et Pierrick Pedron, mais aussi avec le Belgium Jazz Big Band de Mimi Verderame et en guest la chanteuse Lady Linn, ou le délicat trio Frankinet-Hermans-Rassinfosse. L'indispensable fête manouche avec une carte blanche à Daniel Willem et Samson Schmitt. Et encore trois collaborations : Thorbjorn Risager, du blues danois proposé par le Sixty-Six de Verviers, la voix de Charlotte Haesen proposée par le collectif Eujazz, et comme chaque année trois découvertes dans le cadre de l’opération Ca balance : Igor Gehenot Trio, Flying Fish Jump et Cruz Control.
Jazz à Liege 2011. Des after à la carte : pour ceux qui veulent poursuivre l’aventure musicale, une jam sur la Péniche Lualaba, amarrée à côté du Palais, et pour ceux qui veulent bouger et faire la fête, des Dj qui squatteront la salle des Fêtes jusqu’au petit matin. Un effort tout particulier porté sur la convivialité, à travers la prestation des élèves de l’Académie d’Amay sur le podium d’accueil, mais aussi à travers des espaces de détente, des stands, des expositions, et tout particulièrement un hommage rendu par la Maison du Jazz à Jacques Joris, récemment disparu et qui fut pendant toutes ces années le photographe du festival.
Jazz à Liège 2011. Un tournant ?
Jean-Pol Schroeder. |